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Changement majeur : comment accompagner ?

LE CHANGEMENT, CA S’ACCOMPAGNE

Écrire de manière non sexiste s’apparente à la gestion d’un changement, et quel changement ! Nous voulons oublier notre habitude vieille de 350 ans d’expression au masculin générique (« le masculin l’emporte au titre que l’homme est plus noble que la femme ») pour adopter une communication non discriminante.

Traduire ou reprendre un texte existant rédigé au masculin générique impose des contraintes spécifiques. Les dépasser pour produire un document compréhensible, agréable à lire et qui atteint son but exige de solides connaissances et de la créativité linguistique. Le tiret et le point milieu ne répondent pas à tous les cas.

DÉCISION POLITIQUE

L’adoption par les décisionnaires politiques, comme vient de le faire la mairie de Grenoble, d’un mode de communication non discriminant est un point de départ, et un point de départ seulement. Sans une solide harmonisation des références et un entraînement régulier, la mise en œuvre ne peut qu’être inégale d’un service à l’autre, d’une personne à l’autre. Or une communication publique manquant de cohérence rate sa cible.

Si la France re-re-découvre le sujet à l’automne 2017 avec une publication des éditions scolaires Hatier, la francophonie s’est emparée du sujet et de son application depuis 40 ans. La Confédération helvétique l’a inscrit dans ses pratiques administratives souvent bilingues, parfois quadrilingues (allemand, français, italien et romanche) dès les années ’80.

Gérer le changement

Accompagner le changement

MISE EN OEUVRE

Dans leur publication intitulée « La rédaction non sexiste en Suisse : pluralité des discours et des pratiques[i] », Daniel Elmiger, Eva Schaeffer-Lacroix et Verena Tunger analysent la mise en œuvre de l’écriture inclusive dans l’administration helvétique. Leur analyse repose sur un corpus de 240 millions de mots et sur 21 entretiens exploratoires. La conclusion des entretiens menés auprès des personnes concernées par la mise en œuvre de l’écriture inclusive fait ressortir que : « sa réalisation exige un engagement accru de la part des responsables : leurs équipes doivent apporter des corrections pour s’assurer que les textes provenant d’autres divisions satisfont également aux exigences internes. »

BONNE VOLONTÉ

Outre la bonne volonté indispensable, le trio recense d’autres compétences pour rédiger efficacement de manière inclusive :

  • posséder les connaissances et disposer des moyens linguistiques appropriés
  • acquérir un savoir-faire pour adapter les moyens linguistiques au type de textes
  • faire preuve de créativité
  • s’entraîner et avoir une sensibilité, un sens du langage.

Il est donc souhaitable de sensibiliser le personnel et d’établir une pratique uniforme pour laquelle les guides et recommandations forment un socle de référence, mais ne suffisent pas. Un accompagnement pertinent des rédacteurs et rédactrices s’impose pour utiliser de façon adéquate la palette de moyens linguistiques disponibles et appropriés à chaque catégorie de documents selon sa visée.

[i] Le discours et la langue ; revue de linguistique française et d’analyse du discours ; les défis de l’écriture inclusive

 

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