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Rédaction bigenrée ou agenrée

Rédaction bigenrée et agenrée

Les termes épicènes sont monogenrés, comme ‘un membre du CA’ qui désigne aussi bien une femme qu’un homme, ou bigenrés, comme pilote : ‘un ou une pilote’. Pour éviter de transmettre des stéréotypes de genre, on peut utiliser les termes épicènes bigenrés sans leur accoler d’article. Exemple : Artistes de tous bords, rendez-vous mardi à 20 heures au Café des Arts ! On ne préjuge ainsi pas du sexe des artistes. Il arrive aussi que l’usage féminise un terme épicène monogenré. Exemple : une témoin. Les dictionnaires continuent d’attribuer au substantif ‘témoin’ le genre masculin, mais l’usage s’est emparé de sa forme féminine.Une recherche des deux termes groupés ‘une témoin’ dans un moteur de recherche fait apparaître plus de 30 000 occurrences. Une autre illustration en revanche montre la résistance à certaines adaptations. Les collègues spécialistes de la traduction juridique trouvent toujours curieux, sachant pertinemment que la victime est un homme d’évoquer à l’écrit LA victime, ELLE… L’usage décidera des modifications utiles !

 Quid de la rédaction non binaire ?

Au cours des formations dispensées, un autre type de question revient régulièrement. Elle concerne la rédaction non binaire. Comment évoquer les personnes qui ne veulent pas se laisser enfermer ou simplement définir comme femme ou homme ?

L’USAGE EST LE SEUL VERITABLE REGULATEUR DE LA LANGUE.

Comme le précise l’Office québécois de la langue française : « En français, le genre naturel et le genre grammatical, féminin ou masculin, sont étroitement associés lorsqu’il s’agit de personnes. Toutefois, on constate de plus en plus, chez certaines personnes qui ne se définissent ni comme homme ni comme femme, un besoin d’échapper à la binarité du genre grammatical. Ainsi, des formulations voulues neutres sont créées pour répondre à ce besoin. »

Les militantes et militants LGBT, en particulier, adoptent ces néologismes agenrés, mais force est de constater que la démarche reste confidentielle. Les universitaires, sociologues et linguistes, continuent de se pencher sur ces pistes de recherche. La réflexion prend une autre tournure et explore les possibilités de termes hybrides comme frœur ou freure en remplacement de frère/sœur, ou tancle en remplacement de tante/oncle.

D’une part, la réflexion porte sur les déterminants et pronoms issus de la contraction des formes masculine et féminine d’un mot, comme ielyel ou ille (issus de il et elle), illes (issu de ils et elles), ceuses ou ceulles (issus de ceux et celles), toustes (issu de tous et toutes) ou maon (issu de mon et ma).

D’autre part, la rédaction non genrée ou agenrée, fait appel à des pronoms neutres où ni le masculin ni le féminin ne sont visibles, comme ul ou ol (au lieu de il ou de elle), ou mo (au lieu de mon ou de ma). Elle est également à l’origine de la formation de nouvelles appellations de personnes, comme professionnèles, au lieu de professionnels ou de professionnelles.

Rédaction agenrée

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