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Méthanisation

Savez-vous où se trouve la première unité de méthanisation créée en France ?
À Obernai en Alsace, dans l’entreprise que gère le lycée agricole d’Obernai.

Unique producteur de houblon bio français, le lycée agricole d’Obernai s’enorgueillit d’un cheptel de taurillons et de 60 hectares de cultures, pour un chiffre d’affaires annuel de 400 k€. Mais l’entreprise revendique depuis peu une nouvelle source de revenus : l’énergie.

Débuté en 2003, le projet de méthanisation à faible charge affiche aujourd’hui trois années pleines de pratique. Un budget de 2,3 M€ d’investissement ; 6 000 tonnes d’intrants digérées ; une production de 240 kW, voilà pour les chiffres. L’entreprise vise un objectif de 98 % de taux de cogénération et des temps d’arrêt inférieurs à 2 %.

Quels types d’intrants ? Ils viennent d’un rayon de 15 km au plus et se composent en alternance de : déchets agricoles, végétaux (seigle) ensilés, marc de raisin, fumier ou de graisses industrielles. La méthode adoptée en France suit une plus grande diversification d’intrants, contrairement à d’autres pays (Allemagne ou États-Unis). La recherche de la stabilité du mix et donc de la production énergétique reste infinie. Le moindre changement climatique perturbe l’équilibre fragile des bactéries. Par exemple, une averse sur les pommes de terre diminue leur taux de matière sèche, alors qu’à l’inverse, un long délai d’entreposage au sec, l’accroit. Et c’est toute la chaîne de fermentation qui se trouve altérée.Obernai5

Aspects techniques — Le digesteur semi-enterré contient deux agitateurs de 18 kW chacun qui remuent le digestat à une température constante de 39 °C. Il produit 50 m3 de méthane à l’heure. À la sortie du digesteur, le biogaz est refroidi et l’eau condensée. Suit un moteur qui oriente le gaz dans les circuits adéquats. Nous allons voir lesquels.

Une synergie énergétique efficace— L’équipe agricole n’achète plus d’engrais ni d’azote, mais épand son digestat sur ses propres cultures. L’énergie produite contribue à chauffer le lycée en hiver. À la saison chaude, elle est transformée en électricité à l’aide d’un échangeur et vendue à un industriel voisin. Cette valorisation thermique de proximité joue en faveur de l’adoption du projet et pèse positivement dans l’intégration de l’unité au sein de son territoire.

« Une unité de méthanisation se gère comme un bovin, un gros bovin », affirme en riant Freddy MERCKLING, directeur de l’entreprise. Elle nécessite comme les taurillons une présence humaine 24/7. Astreinte permanente donc pour les trois membres de l’équipe qui consignent soigneusement dans un tableur les difficultés rencontrées et les solutions mises en place pour pouvoir s’y référer. En professionnels raisonnables, les trois agriculteurs accompagnés de stagiaires et d’élèves passionnés, gèrent avec sobriété l’empreinte de l’unité de méthanisation pour éviter d’utiliser trop de terres agricoles (effet CASI ; changement d’affectation des sols indirect).Obernai2

Et le voisinage, que dit-il de cette méthanisation ? Une résidence côtoie l’enceinte du lycée, mais ses propriétaires résidents ne se plaignent pas de mauvaises odeurs. Il faut dire qu’elles font l’objet d’une surveillance rigoureuse.

La visite de l’unité de méthanisation du lycée agricole d’Obernai, organisée en marge du salon ExpoBioGaz, fut l’occasion pour moi de découvrir de nombreux aspects techniques. Traduire les énergies renouvelables, c’est ma passion. Je la nourris de veille thématique, de visites de salon et de découvertes de sites remarquables à la rencontre de personnes engagées et enthousiastes qui ont plaisir à partager leurs connaissances. C’est ma formation technique continue.

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